Job/Money/Location si t’as pas intégré ça, laisse tomber!

Aujourd’hui, rien de technique ou de geek mais juste un moyen, simple, rapide et facile de comprendre les candidats et jouer sur les bons leviers. Quand on parle à une personne qui n’est pas en recherche mais seulement « à l’écoute », il faut savoir faire de l’engagement, et tout commence par comprendre l’autre.

 

Lorsque j’ai commencé ma « carrière » de recruteur en 2005 (ce qui ne me rajeunit pas), mon 1er boss me disait :

Si tu veux faire de l’argent dans ce métier, il suffit de comprendre si tu parles à quelqu’un qui pense job, money ou location.

Comme vous l’avez compris, lui était clairement un « money guy » et seul le chiffre d’affaire l’intéressait (true story).

Si l’on veut prendre des raccourcis, chaque personne avec laquelle vous discutez est intéressée un peu plus par l’un de ces 3 facteurs et si vous n’axez pas votre discours sur le bon levier, vous aurez du mal à engager avec la personne.

Prenons 3 exemples « extrêmes », d’une manière caricaturale parfaitement assumée :

 

 

Money people :

Pour moi, les personnes travaillant sur une plateforme pétrolière offshore sont des exemples parfaits. Vous êtes loin de votre famille, assis sur une poudrière, le job n’est souvent pas totalement passionnant, risqué mais….le salaire est dingue.

 

 

 

 

 

 

Location people :

Quelqu’un qui a construit sa maison de ses mains ou le parisien qui pense que rien n’existe passé le périphérique…vous pourrez lui offrir un job de rêve, rien ne sert.

 

 

 

 

 

 

 

 

Job people :

Prenez les personnes sur les projets humanitaires. Vous les envoyez sur un terrain à risque, parfois sans accès au confort le plus élémentaire et leur salaire n’est vraiment pas mirobolant. Ils le font car ils ont une mission, un but.

 

 

 

 

 

Personne n’est exactement un mix 1/3 -1/3 – 1/3, il y a toujours un des trois qui a un léger avantage et cela peut clairement changer au cours de la vie.

 

Lorsque vous êtes en face d’une personne qui n’a rien demandé, que vous approchez vous-même, comprendre le plus rapidement possible son levier principal est primordial. Si vous avez un poste qui nécessite de déménager près des montagnes et que vous avez une « location person », allez droit au but, parlez de l’endroit et si c’est bloquant, rien ne sert de pousser, vous n’auriez qu’un refus en fin de process.

Mais diantre, comment savoir à qui vous parlez ?

C’est là que savoir sourcer donne un avantage indéniable. Trouver un profil Linkedin et envoyer un mailshot, ce n’est pas du sourcing, c’est de l’abattage. Mais si vous identifiez le profil de quelqu’un que vous retrouvez son Facebook ou d’autres sites et que vous y voyez des informations intéressantes, vous pouvez en déduire « a priori » un axe sur lequel vous baser lors de votre première approche.

Je vous entends d’ici… oui mais c’est super chronophage.

Réponse : Oui mais ça marche. Ne vaut-il pas mieux contacter 10 personnes avec une super approche personnalisée, avoir un taux de réponse supérieur à 70% (c’est possible, promis J ) et en avoir 3 ravis qui se sont motivés eux-même car vous avez appuyé sur les bon leviers ou vaut-il mieux envoyer un mailshot à 100 personnes auquel les bons ne prennent même pas la peine de répondre car ils ont l’impression d’être considérés comme des moutons lambda ?

Rien ne sert de spammer, il suffit d’appuyer sur le bon bouton de motivation

Et comprendre cela vous aide aussi à débloquer le fameux « je ne suis pas à l’écoute du marché » que vous pourriez avoir au téléphone en appelant directement. Si vous faites la sempiternelle blague

« oh quel dommage, j’avais un poste sur une ile paradisiaque, payée 1 million de dollars pour prendre des photos de poissons et bronzer »,

Vous aurez à 95% en retour un sourire. Vous aurez joué sur les 3 leviers en 1 phrase, en levant tout souci, vous n’aurez qu’à appuyer sur le bon bouton pour comprendre le levier de la personne. Cela ne marche pas à tous les coups bien sûr mais cela débloque souvent la situation et vous vous démarquez immédiatement de la masse des recruteurs qui ne sont pas vus comme « sympas ». Les gens stressent en parlant de travail car c’est « important », débloquez-les et vous verrez les résultats.

 

Attention, ces leviers peuvent évoluer très vite au cours d’une vie. L’arrivée d’un nouvel enfant ancre souvent dans la “location”, certains “money people” deviennent des “job people” car ils ont atteint un certain niveau (Pyramide de Maslow tout çà tout çà).

Il faut prendre un cliché à un instant T et jouer dessus.

 

Et vous savez quoi ? Ben cela fonctionne PAREIL sur les annonces, pensez à qui vous vous adressez et tenez le discours adéquat. Si vous cherchez une « job person », donnez le salaire et une idée de structure de commission plutôt que de laisser un flou inutile, vous ne pensez pas ?

 

Et vous, vous êtes plutôt job-money ou location ? Que pensez-vous de cette vision ?  À  vos commentaires ! Et si vous êtes en Suisse romande, on en reparle à #truGeneva le 20 juin ?

 

PS: Pour la petite histoire, j’ai écrit cet article car j’ai reçu un inmail d’un « chasseur de têtes » en costume-cravate (le genre de gars qui pointe du doigt sur sa photo Linkedin) qui m’a demandé directement si je voulais gagner de l’argent car il cherchait quelqu’un avec un background de top-biller pour l’un de ses clients (que j’ai la chance d’avoir). Sauf que moi, le pauvre, je suis un « job guy » qui cherche à sauver le monde et pourrait accepter un salaire inférieur si le job est celui de mes rêves, sans pour autant travailler gratuitement ou vivre à perpette-les-olivettes, tout est une question d’équilibre. Il aurait pu le voir facilement en plus, combien de recruteur montent « pro bono » des stratégies de recrutement pour des ONG ? Et si tu fais des concours, tu cherches une reconnaissance, pas un chèque. Bref, je ne lui ai même pas répondu, il ne m’a pas parlé du job, le fait d’avoir un bon salaire ne m’aurait pas dérangé, soyons francs.

Prenons aussi l’exemple d’un candidat qui m’a confié ouvrir son Linkedin 1 fois toutes les 2 semaines et à chaque fois, il avait entre 50 et 70 demandes de recruteurs et j’étais le premier à qui il avait répondu en 18 mois car je lui avais demandé si lui, et sa famille, pouvaient avoir envie de venir vivre à Genève, au bord du lac etc. J’étais ravi mais si vous pensez que c’était une coïncidence que je lui ai parlé de cela… je ne pense pas 🙂

 

 

 

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